L'immobilier, c'est un mot bizarre, une étrange façon de nommer une des premières nécessités de l'animal social.
Immobiliser et contraindre : de toute évidence le monstre porte bien son nom.
On l'évoque en parlant de richesse alors qu'il s'agit avant tout de valeur d'usage ; sans l'usage nécessaire qui y est associé l'immobilier n'aurait vraiment aucune forme d'attrait.
Patrimoine, voilà encore un mot rugueux à souhait ; "héritage du père" dit le dictionnaire.
A 20 ans ils jetaient des pavés, barricadés autour de la Sorbonne, à 60 ans ils gèrent leur patrimoine immobilier, encouragés par une politique fiscale à leur faveur dédiée.
Ceux là même qui s'indignaient de l'idéologie bourgeoise dans leur jeunesse reproduisent ce schéma indigne dés que leur épargne le leur permet ; ils investissent dans l'immobilier "IL" pour "investissement locatif", De Robien, Scellier, ou comment faire payer ceux qui n'en ont pas les moyens mais qui contraints et forcés vont tous les matins au chagrin faute d'être un peu mieux nés.
Ils ont fière allure ces révolutionnaires en papier mâché, quelle noblesse dans leur posture de marchands de sommeil, ah qu'ils sont utiles, qu'ils font du bien à la jeunesse décervelée.
Sans doute, si ils ne faisaient pas leur bonnes affaires, il y aurait un manque, à qui irait-on louer notre petit 30m2 au pied du métro, les prix à l'achat étant si élevés, nous ne pourrions pas nous loger, nous petits employés mal rémunérés.
Mais, on peut aussi se demander si sans ces accaparateurs avisés, les droits d'entrée à la propriété ne seraient pas beaucoup moins élevés.
Dans un marché de gré à gré, les plus offrant fixent la ligne de flottaison, profitant des loyers pour bloquer au mieux de leurs possibilités l'affranchissement des classes qui leur sont dévouées.
Tout irait bien si il ne s'agissait pas dans le même temps de ces jeunes qu'on oblige à bosser pour leur payer leurs retraites et autres indémnités.
Je trouve éminemment dangereux de jouer à ce petit jeu, ils ont tout accaparé et aux jeunes ils laissent le soin de désespérer.
La bulle éclate, la valeur du patrimoine des plus riches baisse à grande vitesse, révélant aux tenants du système en place sa grande faiblesse.
Lorsque le prix du foncier est elevé c'est toute l'économie sociale qui est grippée : le boucher pour payer son loyer augmente d'autant le prix de vente de son steak haché, du coup le salaire du petit ouvrier suffit à peine à surnager dans cet océan de vanité.
Et voilà que lorsque le marché fait mine de se retourner, on encourage les pauvres à s'endetter, "achetez donc nos mètres carrés, nous en avons finalement assez profité".
Un tas de briques pour 30 ans de travaux forcés, voilà qui est bien joué !
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire