jeudi 10 décembre 2009

Paris, sale bled !

Paris, ville lumière.

Mouais...

Bled à la con duquel chacun se sauverait si il pouvait, si il en avait le courage, si il entrevoyait une autre voie.

Oui oui, d'accord, à Paris il y a tout, et c'est commode, on prend un verre , puis on prend le métro pour rentrer dans son clapier, on se couche dans sa cage et on dort le temps d'une petite nuit sans pénombre.
On s'y lève en se disant "ah encore une journée de merde", et on s'habille en 3 minutes chrono, vite vite, un jus de chaussettes pressé qu'on avale en toussant.

Le métro, surtout ne pas regarder les autres damnés; ils baissent tous les yeux, ont un livre, un journal gratuit ou finissent leur nuit trop courte, leur rêve inachevé le temps du trajet leur permettant encore un flottement, ultime glissement quotidien avant le crissement d'une journée identique, éternelle, plate comme les précédentes, inutile comme les suivantes.
La vie en dents de scie, lentement ça irrite, si on y accoure ça tranche à vif.

Escalator, toujours le même, cigarette au goût racleur, respiration courte, toux, petite colère soumise.

Arrivé au bureau, la bouche entonne "bonjour machin" , mais le bonhomme pense "ah mon pauvre vieux, t'es déjà là, t'as déjà bu ton café, t'es déjà avachi sur ta chaise, ta posture toujours la même".

On prend sa place, après avoir répété des salutations sans conviction, des mécanismes protocolaires d'une teinte faussement enjouée.

Sa place... hmmm...
Mais ce n'est pas ma place, je ne sais pas ce que je fais là, pourquoi suis-je né en ce lieu insensé, parmi ces fantômes sympathiques ? pour m'en libérer, pour m'en détacher ?

Cela fait maintenant 5 mois que j'ai quitté la ville, le pire c'est qu'elle me manque, mais je ne la supporte plus...
J'ai eu ce courage, ou cette lâcheté de quitter le confort d'une vie sans but, sans réelle responsabilité, caché dans une masse offrant la protection de l'anonymat.
Maintenant je suis ailleurs, parmi des humains moins robotisés, cela fait tout drôle de croiser des regards, d'avoir à répondre aux salutations, de ne pas ignorer les individus peuplant les environs.
Bizarre, enfant on m'obligeait à dire "bonjour monsieur, bonjour madame", et là, ici, nulle part, ça me semble étrange qu'on me salue à la première rencontre.

Mais qui suis-je? Mon identité privée d'anonymat me questionne.
Suis-je ? Je n'en sais rien.

Du coup , après des années de saturation, voilà que je ressens de la colère ; mais contre qui, contre quoi ? Contre ce moi pris dans le rien de ce faux tout, je crois...

Maintenant je cherche autre chose, dans le tout de ce faux rien, peuplé de gens qui ne sont personne en particulier.

Surtout ne pas reproduire ce que je connais, ne pas reconstruire une prison, ne pas s'enfermer dans des certitudes rassurantes.
Construire autre chose, autrement, mais comment?

Viser la liberté : une maison autonome.

Une maison qu'on n'est pas obligé de quitter chaque matin à la même heure pour emprunter toujours le même chemin vers un clan de paumés œuvrant dans le vide sans savoir pourquoi.
Avoir de quoi manger sur place, afin de n'être pas dans la nécessité de conjuguer l'auxiliaire être avec avoir au delà de l'aspect vital.

Henri David Thoreau, inspirateur de Gandhi, initiateur de la désobéissance civile, voilà un chemin qui semble rudement bien sensé.

La vie dans les bois, avec trois enfants, est-ce bien raisonnable ?
Et la vie dans le béton c'est pas totalement dingue peut-être ?

1 commentaire:

  1. Faux pas stresser. Cette vie est vite oubliée parcequ'elle ne donne pas le temps de se faire des souvenirs.

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